
À partir de 2026, la facturation électronique deviendra la norme pour les entreprises assujetties à la TVA établies en France. Cette réforme, issue des travaux engagés par l’État pour moderniser la collecte de la TVA, modifie en profondeur les pratiques de facturation et de transmission des données fiscales.
Elle concerne toutes les entreprises, sans exception : grandes entreprises, PME, TPE, indépendants et micro-entrepreneurs, y compris ceux relevant de la franchise en base.
La réforme repose sur trois mécanismes complémentaires, selon la nature des clients et des opérations.
Elle s’applique aux opérations entre entreprises françaises assujetties à la TVA (B2B domestique). Les factures devront être émises et reçues sous un format électronique normé (UBL, CII ou format hybride) et transiter par une plateforme de dématérialisation partenaire agréée par l’État.
Les données de facturation seront automatiquement transmises à l’administration fiscale.
Les opérations qui ne relèvent pas de la facturation électronique, notamment les ventes à des particuliers (B2C) et les opérations internationales, donneront lieu à une transmission spécifique de données à l’administration fiscale.
Pour les opérations dont la TVA est exigible à l’encaissement, principalement les prestations de services, les entreprises devront transmettre les informations relatives aux sommes réellement perçues, servant au calcul de la TVA due.
Le déploiement est progressif mais concerne toutes les entreprises :
les grandes entreprises et ETI devront également émettre leurs factures sous format électronique ;
Les obligations d’e-reporting suivent le même calendrier.
Ce qui change concrètement
Une facture électronique ne se limite pas à un PDF envoyé par e-mail. Elle repose sur des formats structurés (UBL, CII ou format hybride) intégrant des données normalisées permettant un traitement automatisé.
L’émission et la réception des factures passeront obligatoirement par une plateforme agréée, choisie librement par l’entreprise, indépendamment de celles utilisées par ses clients ou fournisseurs.
Les entreprises ont tout intérêt à se préparer dès aujourd’hui : cartographier leurs flux de facturation, vérifier la conformité de leurs outils et échanger avec leurs éditeurs de logiciels ou leurs conseils.
Le SEFi (Service Électronique de Facturation intégré) est un service réservé aux ambulanciers et taxis conventionnés. Il automatise la facturation en exploitant les données de l’Assurance Maladie et numérise les justificatifs, réduisant ainsi les erreurs et les rejets de factures. Selon la convention-cadre des taxis conventionnés, ces entreprises devront utiliser SEFi comme mode de facturation principal au plus tard le 1ᵉʳ janvier 2027.
Acronyme | Signification | Explication simple |
TVA | Taxe sur la Valeur Ajoutée | Impôt sur la consommation collecté par les entreprises pour l’État |
PME | Petites et Moyennes Entreprises | Entreprises de moins de 250 salariés |
TPE | Très Petites Entreprises | Entreprises de moins de 10 salariés |
ETI | Entreprises de Taille Intermédiaire | Entreprises entre 250 et 4 999 salariés |
B2B | Business to Business | Transactions entre entreprises |
B2C | Business to Consumer | Transactions entre une entreprise et un particulier |
UBL | Universal Business Language | Format international structuré de facture électronique (XML) |
CII | Cross Industry Invoice | Format normalisé de facture électronique (norme UN/CEFACT) |
Portable Document Format | Format de document non structuré (insuffisant seul pour la réforme) | |
SEFi / SEFI | Service Électronique de Facturation intégré | Service spécifique aux taxis et ambulanciers conventionnés, distinct de la réforme générale |